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Conseil communautaire de l'aide à la jeunesse

C’est avec grand plaisir que nous vous accueillons sur le site du CCAJ.

Depuis 1992, le Conseil communautaire de l’aide à la jeunesse a remis plus de 130 avis et propositions sur toutes les matières relevant de l’aide à la jeunesse et de la protection de la jeunesse ainsi que sur l’aide aux enfants victimes de maltraitance. 

Véritable organe de réflexion pédagogique et éthique pour le secteur, il touche à des problématiques transversales de par les membres qui le composent : représentants de l’aide à la jeunesse, de la justice, des CAAJ (volet prévention), de l’ONE, du secteur de la jeunesse, de l’enseignement, des CPAS, de l’adoption, du secteur scientifique …

Le Conseil remet avis à la demande du Ministre ou d’initiative selon les interpellations reçues. 

Face à une évolution de la société où l’événementiel prime de plus en plus et influence les pratiques des travailleurs psycho-sociaux et du politique, le CCAJ veut se donner le temps de l’échange et de la réflexion afin d’orienter nos interventions auprès des jeunes et des familles.

Ce site devrait permettre à chacun de pouvoir consulter les différents avis émis et ainsi permettre une meilleure diffusion de ce travail.

Nous vous souhaitons une bonne lecture. 

N’hésitez pas à nous interpeller, si vous le souhaitez, via le secrétariat du CCAJ.

 


Octobre 2013

Le CCAJ se renouvelle... Le bilan en qualité de président du CCAJ de 2007 à 2013, par Guy De Clercq

 

J’ai eu le plaisir de travailler pendant deux mandats comme membre du CCAJ.

Après avoir présidé et animé les carrefours de l’aide à la jeunesse de 2004 à 2006, c’est avec conviction que j’ai accepté de présider le CCAJ de novembre 2007 à aujourd’hui.

En relisant hier les différents travaux réalisés par le Conseil (document en annexe), j’ai éprouvé beaucoup de satisfaction pour le travail effectué :

 

-51 avis ou recommandations dont 16 d’initiative.

 

-51 avis, fruits du débat que nous avons eu, que les membres ont relayés auprès de leurs instances qui, à leur tour ont entrainés sur le terrain réflexions dans les fédérations, caaj, unions…

 

-51 avis qui reflètent la richesse du secteur et de ses partenaires mais qui soulignent aussi la complexité voire parfois les contradictions d’un secteur en réflexion et en recherche d’une meilleure adéquation pour l’aide à apporter aux jeunes et leur famille.

 

-51 avis et recommandations qui ont parfois laissé le conseil dubitatif ou déçu quand aux suites que le politique a bien voulu  y donner.

A l’analyse de ces avis, je tiens à souligner certaines  convictions qui ont animé les membres :

 

-l’aide aux jeunes et à leur famille au centre de nos préoccupations


Tout au long de ses avis, le conseil a confirmé que l’action professionnelle vise l’aide au jeune et à sa famille en difficulté dans un objectif d’évolution et de partenariat. L’aide doit être prioritaire au contrôle social et ceci dans le respect de notre code de déontologie. La parole des jeunes doit être entendue et récoltée dans un souci de droit à la participation. Le jeune doit rester sujet  et pas objet de notre intervention. L’aide doit amener les jeunes à développer leur autonomie et leurs habiletés sociales dans une visée émancipatrice.

 

-l’intersectorialité

 

Cet objectif a souvent été affirmé  comme une nécessité de prendre en charge le jeune dans sa globalité et dans la complémentarité de nos actions. C’est ainsi que le CCAJ a soutenu la nécessité de protocoles de collaboration  ancrés dans la réalité des bonnes pratiques du terrain.

 

-la réaffirmation du respect du secret professionnel comme garantie de la relation d’aide et le respect des droits du jeune, de sa famille ou de ses familiers.


Le conseil a lors de ses multiples recommandations réaffirmé que le travail en réseau ne peut se concevoir que dans le respect de nos spécificités. Le secret professionnel ne  peut être partagé qu’entre des professionnels qui y sont soumis et dans des limites établies. Dans des cas d’inspections ou de recherches, les dossiers doivent être anonymisés.

 

En ce qui concerne les droits du jeune, le conseil a considéré que celui-ci ne doit pas être écarté de la place publique ni pourchassé comme un moustique mais respecté comme un individu, non adulte, qui a  droit à l’information, à l’éducation et à l’aide spécialisée.

 

-la nécessité d’outils d’évaluation des pratiques et de formations.

 

Le CCAJ a soutenu l’intérêt d’outils statistiques qui puissent être compris et acceptés par le secteur.

La nécessité de formations initiales et continuées sectorielles ou intersectorielles a souvent été

rappelée  lors des différents avis. Le décret prévoit désormais une évaluation des principes du décret tous les trois ans par un organisme extérieur.

 

 -les actions de prévention

 

Le CCAJ insiste pour réinvestir dans la prévention. Le conseil considère que les plans d’actions doivent continuer à  agir sur les processus générant les difficultés et opérer un travail de fond destinés à dénoncer les mécanismes d’exclusion et de violences sur les jeunes et leurs familles.

 

 

En référence à ces avis et plus particulièrement à l’avis n°104 sur l’orientation générale de l’aide à la jeunesse et sur la programmation ainsi qu’au rapport du CCAJ 2011 sur la situation de l’aide à la jeunesse et la protection de la jeunesse, je tiens à souligner quelques évolutions engrangées :

 

-les travaux du groupe Agora et d’autres concertations qui recueillent la parole des jeunes et des familles les plus précarisés. Le décret réaffirme désormais le principe de la participation des intéressés et le droit d’être écouté.

 

-la mise en place à la DGAJ d’outils statistiques en lien avec un encodage de données quantitatives et qualitatives. Le décret de l’aide à la jeunesse prévoit désormais des évaluations externes sur l’applicabilité des principes du décret tous les trois ans via des experts extérieurs

 

-la finalisation ou l’évaluation de protocoles de collaborations du secteur avec les équipes SOS-Enfants, les TMS de l’ONE, l’AWIPH, avec CPAS. Une plate-forme de concertation a été créée pour la prévention de la maltraitance et un décret devrait améliorer l’articulation entre le secteur de l’aide à la jeunesse et le secteur de l’enseignement. J’ai l’espoir que le protocole AAJ/centre PMS proposé par le CCAJ pourra bientôt être finalisé par les ministres respectifs.

 

-une augmentation de personnel a été opérée auprès des sections de prévention générale des SAJ.


-une cellule média a été mise en place à la DGAJ et un journal AAJ a vu le jour.

-une harmonisation des pratiques dans les SAJ et les SPJ a fait l’objet d’une circulaire.

-la stabilisation de services : séjours de rupture, prise en charge de lits d’urgence, intégration des SIIF aux SAIE,...

 

 

Les défis restent importants :

 

- le temps des jeunes et des familles n’est pas le temps des intervenants ni des politiques.

Cette temporalité devra continuer à être reconnue lors des débats futurs ;

 

-la mise en place des nouveaux CAAJ, composés uniquement de représentants du secteur, et des plates- formes de concertation ;

 

-la mise en place des nouvelles missions  du CCAJ avec l’ouverture vers une plus grande transversalité de ses membres et l’articulation avec sa section thématique obligatoire ;

 

- les suites du projet de priorisation sur les arrondissements de Namur et Dinant et le débat sur des « espaces dédiés » ;

 

-la nécessité de poursuivre le travail de visibilité du secteur de l’aide à la jeunesse face à une médiatisation de plus en plus grande  des drames et à la citation des travailleurs en justice ;

 

-la fusion des arrondissements judiciaires et les conséquences pour le secteur ;

 

-le futur débat sur la communautarisation de la loi de 1965 ;

 

-Enfin et surtout, le droit à l’aide spécialisée pour les jeunes et les familles face à un risque de restriction des moyens  de prises en charge financés à la fédération Wallonie- Bruxelles ;

 

 

Je reste convaincu de l’intérêt des travaux du CCAJ en tant que principal organe consultatif du secteur de l’aide à la jeunesse.

Le conseil doit rester un temps d’arrêt, un endroit de réflexion pédagogique et méthodologique indispensable pour le secteur, pour la ministre de tutelle, pour le gouvernement de la fédération Wallonie/Bruxelles ou pour d’autres secteurs.

Il doit pouvoir par la diversité de ses membres et des secteurs qu’il représente proposer une vision transversale de l’aide aux jeunes en difficultés ou en danger.

 

Je remercie les membres du CCAJ pour leur travail et souhaite bon travail et plein succès au nouveau conseil qui se mettra en place en novembre 2013.

 

 

Guy DE CLERCQ

Président du CCAJ